Congé maternité

Congé maternité et paternité au Maroc : durées, indemnités CNSS et droits des parents en 2026

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Équipe e-RH Pro
18 min de lecture
Congé maternité au Maroc : 14 semaines, indemnité CNSS à 100 %, protection contre le licenciement, congé paternité. Le guide complet 2026.
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Rédigé par

Expert ERH Pro

Expert en droit du travail & ressources humaines, Maroc

Spécialiste du droit du travail marocain avec plus de 10 ans d'expérience en gestion des ressources humaines et en conseil juridique pour les entreprises marocaines. Ses guides et analyses sont publiés sur e-RH Pro, la référence RH au Maroc.

Contenu vérifié par des expertsDernière révision : 2026-08-11

Quatorze semaines de congé maternité, une indemnité CNSS équivalente à 100 % du salaire, une protection absolue contre le licenciement, un congé de paternité de 3 jours dans le privé et de 15 jours dans la fonction publique : au Maroc, les droits des parents salariés sont précisément encadrés par les articles 152 à 165 et 269 à 270 du Code du travail. Mais entre la durée réelle du congé, les conditions d'indemnisation, les démarches sur Mon DAMANE et les pièges à éviter, il n'est pas toujours simple de s'y retrouver.

Salariée enceinte, jeune papa ou employeur qui doit organiser un remplacement, ce guide fait le point sur l'ensemble du parcours : déclaration de grossesse, calcul des indemnités journalières, protection contre la rupture du contrat, repos d'allaitement et retour au poste. Avec un point complet sur ce que la réforme du Code du travail adoptée en mai 2026 prévoit de changer à partir de 2027.

14 semainesCongé maternité légal (98 jours)
100 %Indemnité CNSS du salaire journalier moyen (plafonnée)
3 joursCongé paternité dans le secteur privé (art. 269)
15 joursCongé paternité des fonctionnaires (loi 30.22)

En résumé

  • Le congé de maternité dure 14 semaines (98 jours), réparties en principe en 7 semaines avant et 7 semaines après l'accouchement (articles 152 et 154 du Code du travail). En cas d'état pathologique attesté par certificat médical, il peut aller jusqu'à 22 semaines au total.
  • Pendant le congé, la CNSS verse une indemnité journalière égale à 100 % du salaire journalier moyen des six derniers mois, dans la limite du plafond de 6 000 MAD par mois (200 MAD/jour). Condition : justifier d'au moins 54 jours de cotisation durant les 10 mois précédant l'arrêt.
  • L'employeur ne peut pas rompre le contrat d'une salariée enceinte pendant toute la grossesse et les 14 semaines qui suivent l'accouchement (article 159). Un licenciement prononcé pendant cette période est passible de 10 000 à 20 000 MAD d'amende (article 165).
  • Le père salarié du privé a droit à 3 jours de congé payés dans le mois suivant la naissance (article 269) ; dans la fonction publique, le congé de paternité est de 15 jours continus et rémunérés depuis la loi n° 30.22.
  • À la reprise, la mère bénéficie d'une heure d'allaitement par jour, rémunérée comme du temps de travail, pendant 12 mois (article 161).
  • La réforme du Code du travail adoptée en Conseil des ministres le 14 mai 2026 prévoit de porter le congé maternité à 16 semaines et le congé paternité à 5 jours, avec une entrée en vigueur attendue au 1er janvier 2027 après le vote du Parlement.

1. Congé maternité : combien de temps et comment le répartir ?

L'article 152 du Code du travail (loi n° 65-99) fixe la durée du congé de maternité à quatorze semaines, « sauf stipulations plus favorables dans le contrat de travail, la convention collective de travail ou le règlement intérieur ». Ce congé est un droit : l'employeur ne peut ni le refuser, ni le réduire, ni imposer une reprise anticipée.

1.1 La répartition avant / après l'accouchement

Selon l'article 154, la salariée suspend son contrat pendant une période qui « commence sept semaines avant la date présumée de l'accouchement et se termine sept semaines après la date de celui-ci ». En pratique :

  • Congé prénatal : 7 semaines avant la date présumée de l'accouchement ;
  • Congé postnatal : 7 semaines après l'accouchement, pendant lesquelles la loi interdit purement et simplement d'employer la salariée (article 153).

Si l'accouchement survient avant la date prévue, l'article 154 précise que la période de suspension est prolongée « jusqu'à ce que la salariée épuise les quatorze semaines » : les jours prénataux non utilisés sont reportés après la naissance. À l'inverse, un accouchement après terme n'entame pas le congé postnatal, qui court toujours sept semaines après la naissance réelle.

1.2 Les prolongations : état pathologique et naissance multiple

Deux situations allongent le congé :

SituationDurée maximale avantDurée maximale aprèsTotal possible
Cas standard7 semaines7 semaines14 semaines (98 jours)
État pathologique lié à la grossesse ou aux couches (certificat médical)8 semaines14 semainesjusqu'à 22 semaines
Accouchement prématuréReport des jours prénataux non pris : la salariée conserve l'intégralité de ses 14 semaines

L'état pathologique doit être attesté par un certificat médical « comme résultant de la grossesse ou des couches » (article 154). C'est le cas, par exemple, d'une grossesse à risque ou de suites de couches difficiles : le congé est alors prolongé de la durée de cet état, dans les limites indiquées.

1.3 Après le congé : prolonger pour élever son enfant

L'article 156 ouvre deux options à l'expiration du congé :

  • Une suspension non payée de 90 jours maximum, sans accord préalable : la salariée doit simplement en aviser son employeur au plus tard 15 jours avant la fin du congé maternité ;
  • Un congé non payé d'un an, en accord avec l'employeur.

Dans les deux cas, la mère « réintègre son poste à l'expiration de la période de suspension » et conserve les avantages acquis avant la suspension. Enfin, l'article 158 permet à la salariée enceinte de quitter son emploi sans préavis et sans indemnité de rupture : une faculté exceptionnelle, propre à la grossesse.

2. Indemnités CNSS : qui paie, combien et sous quelles conditions ?

Pendant le congé maternité, le contrat de travail est suspendu : l'employeur n'est pas tenu de verser le salaire (sauf maintien prévu par contrat ou convention collective). C'est la CNSS qui indemnise la salariée, sous forme d'indemnités journalières.

2.1 Les conditions d'ouverture du droit

Pour bénéficier des indemnités de maternité, la salariée du secteur privé doit :

  • Être immatriculée et déclarée à la CNSS ;
  • Justifier d'au moins 54 jours de cotisation au cours des 10 mois précédant la date d'arrêt de travail ;
  • Cesser toute activité salariée pendant la période indemnisée.

Les 54 jours correspondent à environ trois mois de travail à temps plein sur la période de référence : c'est l'activité récente qui compte, un point favorable aux jeunes embauchées.

2.2 Le montant : 100 % du salaire, dans la limite du plafond CNSS

L'indemnité journalière est égale à 100 % du salaire journalier moyen des six derniers mois précédant le congé, plafonné au plafond de cotisation CNSS de 6 000 MAD par mois, soit 200 MAD par jour.

Salaire brut mensuelSalaire journalier moyenIndemnité journalièreTotal versé sur 98 jours
4 000 MAD133,33 MAD133,33 MAD≈ 13 066 MAD
6 000 MAD200,00 MAD200,00 MAD19 600 MAD
8 000 MAD266,67 MAD200,00 MAD (plafond)19 600 MAD

Exemple concret : une salariée payée 6 000 MAD brut par mois qui part 98 jours percevra 200 MAD × 98 = 19 600 MAD d'indemnités, versées directement par la CNSS sur son compte bancaire. Une salariée à 8 000 MAD touchera le même montant, car l'indemnité est plafonnée : certaines conventions collectives ou contrats prévoient alors un complément employeur pour maintenir le salaire réel — une pratique à vérifier avant le départ.

Pour estimer l'effet de votre absence sur votre bulletin de paie avant le congé, notre calculateur de salaire net vous donne votre net habituel en quelques secondes.

2.3 Le calendrier des démarches

  • Avant le congé : remettre à l'employeur le certificat médical de grossesse indiquant la date présumée d'accouchement. L'employeur déclare la salariée et transmet les éléments de salaire nécessaires à la CNSS ;
  • Après l'accouchement : fournir l'acte de naissance et le certificat d'accouchement. Le dépôt du dossier d'indemnité se fait en ligne via le portail Mon DAMANE (ou en agence CNSS) ;
  • Versement : après validation du dossier, la CNSS verse les indemnités directement sur le compte bancaire déclaré. Comptez en pratique plusieurs semaines de délai de traitement ; certaines entreprises avancent l'indemnité dès le premier jour de congé puis se font rembourser par la CNSS.

3. Protection contre le licenciement : ce que la loi interdit

La protection de la maternité est l'un des piliers du Code du travail marocain. Elle commence dès la grossesse attestée par certificat médical et s'étend bien au-delà de la naissance.

3.1 Une interdiction de rompre le contrat pendant la période protégée

L'article 159 interdit à l'employeur de rompre le contrat d'une salariée :

  • pendant toute la période de grossesse attestée par certificat médical ;
  • durant les quatorze semaines qui suivent l'accouchement ;
  • pendant la période de suspension liée à un état pathologique résultant de la grossesse ou des couches.

Seule exception, très encadrée : l'employeur peut rompre le contrat s'il justifie d'une faute grave de la salariée ou d'un autre motif légal de licenciement, à condition que la rupture ne soit ni notifiée, ni ne prenne effet pendant la période de suspension. Dans la pratique, tout licenciement intervenu pendant la grossesse ou les 14 semaines post-accouchement est présumé abusif : l'employeur devra prouver la faute grave devant le tribunal.

3.2 Licenciement déjà notifié : la possibilité de l'annuler

Article 160 : si une salariée reçoit une notification de licenciement avant d'avoir attesté sa grossesse, elle dispose de 15 jours pour envoyer à son employeur, par lettre recommandée avec accusé de réception, un certificat médical justifiant de son état. Le licenciement est alors annulé, sauf faute grave. Attention : ces protections ne font pas obstacle à l'échéance normale d'un CDD arrivé à son terme.

3.3 Les sanctions encourues par l'employeur

L'article 165 punit d'une amende de 10 000 à 20 000 MAD :

  • la rupture du contrat d'une salariée enceinte ou en couches en violation de l'article 159 ;
  • l'emploi d'une salariée pendant les 7 semaines suivant l'accouchement ;
  • le refus de suspendre le contrat prévu par l'article 154.

Au-delà de l'amende, un licenciement abusif expose l'employeur à la réintégration de la salariée et au paiement de dommages-intérêts. Côté employeur, la règle d'or est simple : aucun licenciement ne doit être notifié ni prendre effet pendant la période protégée, sauf faute grave solidement documentée. Notre article sur le solde de tout compte détaille les conséquences financières d'une rupture, dans tous les cas de figure.

4. Congé de paternité : 3 jours dans le privé, 15 jours dans le public

Le droit marocain distingue clairement le congé du père selon son statut. C'est l'un des points où la différence entre secteur privé et fonction publique est la plus marquée.

4.1 Dans le secteur privé : 3 jours payés (article 269)

« Tout salarié a droit, à l'occasion de chaque naissance, à un congé de trois jours. » L'article 269 du Code du travail s'applique en cas de reconnaissance de paternité. Les règles pratiques :

  • Les 3 jours peuvent être continus ou discontinus, après entente entre l'employeur et le salarié ;
  • Ils doivent être pris dans le mois suivant la naissance ;
  • Si la naissance tombe pendant un congé annuel ou un arrêt maladie, la période de repos est prolongée de 3 jours ;
  • Le refus d'accorder ce congé est sanctionné par une amende de 300 à 500 MAD (article 278).

Côté rémunération, l'article 270 prévoit une indemnité équivalente au salaire habituel, versée par l'employeur dès la paie qui suit la production du bulletin de naissance ; l'employeur se fait ensuite rembourser par la CNSS dans la limite des cotisations mensuelles versées.

4.2 Dans la fonction publique : 15 jours continus et rémunérés

Le Statut général de la fonction publique, modifié par la loi n° 30.22, accorde au fonctionnaire un congé de paternité de 15 jours continus et rémunérés, à compter de la date de naissance de l'enfant. La même loi a créé un congé de kafala pour les fonctionnaires accueillant un enfant de moins de 24 mois.

4.3 Comparatif privé / public

Secteur privéFonction publique
Durée du congé de paternité3 jours15 jours continus
Base légaleArticles 269-270 du Code du travailStatut général modifié par la loi n° 30.22
Qui paie ?L'employeur (avancé), remboursé par la CNSSL'administration
Délai de priseDans le mois suivant la naissanceÀ compter de la date de naissance
Congé de maternité14 semaines, indemnisées par la CNSS14 semaines avec maintien intégral de la rémunération

À noter : les agents des établissements publics qui ne relèvent pas du Statut général conservent les règles de leur propre statut. Dans tous les cas, le congé de paternité est indépendant du congé annuel et ne peut pas être déduit de celui-ci.

5. Allaitement et retour au poste : les droits après le congé

Le retour au travail ne marque pas la fin des droits de la mère. Deux dispositifs importants s'appliquent dès la reprise.

5.1 Le repos d'allaitement : une heure par jour pendant 12 mois

L'article 161 accorde à la mère salariée, pendant les douze mois suivant la reprise du travail, un repos quotidien d'allaitement d'une heure : une demi-heure le matin et une demi-heure l'après-midi, pendant les heures de travail. Ce repos est rémunéré comme du temps de travail et reste indépendant des pauses habituelles de l'entreprise. En accord avec l'employeur, l'heure peut être prise à tout moment de la journée.

L'article 162 ajoute une obligation d'installation : toute entreprise occupant au moins 50 salariées de plus de seize ans doit aménager une chambre spéciale d'allaitement, dans l'entreprise ou à proximité immédiate — chambre qui peut aussi servir de garderie. Le refus d'accorder le repos d'allaitement est puni de 2 000 à 5 000 MAD d'amende (article 165).

5.2 La réintégration au poste

À l'expiration du congé maternité (ou du congé pour élever l'enfant de l'article 156), la salariée « réintègre son poste » et retrouve les avantages acquis avant la suspension : ancienneté, échelon, avantages en nature. L'employeur ne peut pas profiter de l'absence pour supprimer le poste, rétrograder la salariée ou modifier substantiellement ses conditions de travail. La période de suspension compte également pour le calcul des droits à congés payés.

6. Réforme 2026 : ce qui devrait changer à partir de 2027

Le projet de loi 03-26 réformant le Code du travail a été adopté en Conseil des ministres le 14 mai 2026. Il prévoit plusieurs évolutions des congés liés à la naissance, pour une entrée en vigueur attendue au 1er janvier 2027 après le vote du Parlement :

  • Congé maternité porté de 14 à 16 semaines ;
  • Congé paternité porté de 3 à 5 jours, et à 10 jours à partir du deuxième enfant ;
  • Création d'un congé de deuil parental de 5 jours en cas de perte d'un enfant ;
  • Alignement du congé adoption sur le congé maternité de 16 semaines.

En parallèle, le groupe parlementaire du PJD a déposé en juin 2026 une proposition de loi encore plus ambitieuse : congé maternité de 20 semaines pour les deux premiers enfants, 22 semaines à partir du troisième ou en cas d'accouchement difficile, 24 semaines pour une naissance multiple, avec des amendes renforcées (30 000 à 50 000 MAD) contre les employeurs fautifs. Ce texte n'est qu'une proposition parlementaire : il devra être discuté et voté pour entrer en vigueur.

À retenir pour 2026 : ce sont bien les règles actuelles (14 semaines, 3 jours de paternité) qui s'appliquent tant que la réforme n'est pas promulguée. Les couples qui attendent un enfant cette année doivent planifier leur congé sur la base du droit en vigueur. Notre article dédié détaille l'ensemble de la réforme du Code du travail 2026.

Checklist : préparer un congé maternité ou paternité sans fausse note

Côté salariée :

  • Déclarer la grossesse à l'employeur avec un certificat médical indiquant la date présumée d'accouchement, suffisamment tôt pour organiser le remplacement ;
  • Vérifier ses droits CNSS : immatriculation, et au moins 54 jours de cotisation dans les 10 mois précédant l'arrêt ;
  • Planifier la répartition des 7 semaines prénatales et postnatales, en gardant un maximum de temps après l'accouchement ;
  • Préparer le dossier d'indemnité : RIB, bulletins de paie, certificat médical, puis acte de naissance après l'accouchement ;
  • Vérifier dans le contrat ou la convention collective l'existence éventuelle d'un complément de salaire au-delà du plafond CNSS (6 000 MAD/mois) ;
  • Anticiper le retour : heure d'allaitement quotidienne pendant 12 mois, réintégration au même poste.

Côté employeur / DRH :

  • Enregistrer la déclaration de grossesse et geler tout projet de licenciement : la période protégée couvre la grossesse et les 14 semaines post-accouchement ;
  • Alléger les travaux de la salariée avant et après l'accouchement (article 153) et accepter les absences pour consultations prénatales ;
  • Organiser le remplacement et transmettre les éléments de salaire à la CNSS ;
  • Accorder au père les 3 jours de congé de paternité dans le mois suivant la naissance, et verser l'indemnité prévue à l'article 270 ;
  • Préparer la réintégration : même poste, avantages acquis conservés, heure d'allaitement dès la reprise ;
  • Aménager une chambre d'allaitement si l'entreprise occupe au moins 50 salariées de plus de 16 ans.

Questions fréquentes

Quelle est la durée du congé maternité au Maroc en 2026 ?

14 semaines (98 jours), en principe 7 semaines avant l'accouchement et 7 semaines après (articles 152 et 154 du Code du travail). En cas d'état pathologique lié à la grossesse ou aux couches, attesté par certificat médical, la suspension peut aller jusqu'à 8 semaines avant et 14 semaines après, soit 22 semaines au total. La réforme adoptée en mai 2026 prévoit de passer à 16 semaines, mais elle n'entrera en vigueur qu'après son adoption définitive par le Parlement.

Qui me paie pendant le congé maternité : l'employeur ou la CNSS ?

C'est la CNSS, pas l'employeur. L'indemnité journalière équivaut à 100 % du salaire journalier moyen des six derniers mois, dans la limite du plafond de 6 000 MAD par mois (200 MAD/jour). L'employeur n'a pas d'obligation légale de maintenir le salaire, sauf si votre contrat ou votre convention collective le prévoit. Certaines entreprises avancent toutefois l'indemnité puis se font rembourser par la CNSS.

Que se passe-t-il si je n'ai pas assez cotisé à la CNSS ?

Sans 54 jours de cotisation dans les 10 mois précédant l'arrêt, l'indemnité journalière de maternité n'est pas due : le congé reste un droit (l'employeur ne peut pas vous l'interdire ni vous licencier), mais il n'est alors pas indemnisé par la CNSS. Vérifiez votre situation en amont sur votre compte CNSS ou via l'espace Mon DAMANE, et demandez à votre employeur de contrôler vos déclarations de salaires.

Mon CDD peut-il prendre fin pendant ma grossesse ?

La protection de l'article 159 interdit à l'employeur de rompre le contrat par anticipation en raison de la grossesse, CDD compris. En revanche, la loi précise que cette protection « ne fait pas obstacle à l'échéance du contrat de travail à durée déterminée » : un CDD arrive normalement à son terme sans que cela constitue un licenciement, et l'employeur n'est pas tenu de le renouveler.

Le père a-t-il droit à un congé payé à la naissance ?

Oui. Dans le secteur privé, l'article 269 du Code du travail ouvre droit à 3 jours de congé payés, à prendre dans le mois suivant la naissance, continus ou non selon l'entente avec l'employeur. L'indemnité, égale au salaire habituel, est avancée par l'employeur puis remboursée par la CNSS (article 270). Dans la fonction publique, le congé est de 15 jours continus et rémunérés depuis la loi n° 30.22.

Comment fonctionne l'heure d'allaitement au retour du congé ?

Pendant les 12 mois qui suivent la reprise du travail, la mère salariée a droit chaque jour à un repos d'allaitement d'une heure (une demi-heure le matin, une demi-heure l'après-midi), rémunéré comme du temps de travail (article 161). Cette heure peut être regroupée en accord avec l'employeur. Le refus de ce repos expose l'entreprise à une amende de 2 000 à 5 000 MAD.

Le congé maternité est-il déduit de mes congés payés ?

Non. Le congé maternité est un congé spécial distinct du congé annuel : il n'entame pas vos droits à congés payés, et la période de suspension du contrat est prise en compte dans le calcul de ces droits. Pour le détail du calcul des congés annuels, consultez notre guide sur les congés payés au Maroc.

Sources et références

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