Salaire net 2027 au Maroc : jusqu'à 6 200 DH de plus par an, le calcul par niveau de salaire

Rédigé par
Expert ERH ProExpert en droit du travail & ressources humaines, Maroc
Spécialiste du droit du travail marocain avec plus de 10 ans d'expérience en gestion des ressources humaines et en conseil juridique pour les entreprises marocaines. Ses guides et analyses sont publiés sur e-RH Pro, la référence RH au Maroc.
Le projet de loi de finances 2027, déposé le 20 octobre 2026 au bureau de la Chambre des représentants et présenté au Parlement le 23 octobre 2026, relève le seuil d'exonération de l'impôt sur le revenu de 40 000 à 60 000 dirhams par an et porte l'abattement pour frais professionnels à 45 %, contre 35 % jusqu'à 78 000 dirhams de revenu brut annuel imposable et 25 % au-delà, plafond maintenu à 35 000 dirhams. Pour un salarié payé 10 000 dirhams brut par mois, la retenue mensuelle à la source passerait de 638,67 à 158,85 dirhams : le net encaissé gagnerait 479,82 dirhams par mois, soit 5 757 dirhams sur l'année. Pour un brut de 8 000 dirhams, le gain atteint 299,23 dirhams par mois et l'impôt tombe à zéro. Ce guide recalcule, du brut au net, neuf niveaux de salaire avec le barème 2026 réellement en vigueur et le barème 2027 tel qu'il figure dans le texte déposé — en disant clairement ce qui, à la date du 28 octobre 2026, n'est encore qu'un projet.
En résumé
- Trois mesures prennent effet au 1er janvier 2027 : le seuil d'exonération passe de 40 000 à 60 000 DH de revenu net imposable, l'abattement pour frais professionnels passe à 45 % (contre 35 % jusqu'à 78 000 DH de revenu brut annuel imposable et 25 % au-delà, plafond inchangé à 35 000 DH, CGI art. 59-I-A), et la tranche de 80 001 à 100 000 DH est ramenée de 30 % à 20 %.
- Le barème 2027 comporte cinq taux — 0 %, 10 %, 20 %, 34 %, 37 % — contre six en 2026, dont un taux à 30 % qui disparaît de la grille transitoire (projet de loi de finances 2027, barème annexé).
- Selon les chiffres présentés avec le projet, 87 % des salariés seraient totalement exonérés en 2027 et la mesure coûterait 5,5 milliards de dirhams à l'État la première année.
- Le gain net est nul jusqu'à environ 5 500 DH de brut, atteint 30 DH à 6 000 DH, 299 DH à 8 000 DH, 480 DH à 10 000 DH et 518 DH à 12 000 DH (un peu plus de 6 200 DH par an), puis se stabilise à 500 DH par mois dès environ 12 200 DH de brut — parce que le plafond de 35 000 DH de l'abattement neutralise la hausse du taux.
- Les cotisations sociales ne changent pas : CNSS 4,48 % plafonnée à 6 000 DH, AMO 2,26 % non plafonnée, soit 6,74 % de charges salariales avant impôt (CNSS, taux 2026).
- Au 28 octobre 2026, ce texte est un projet de loi de finances déposé, non voté : les montants de cet article décrivent le texte déposé, pas une loi promulguée.
1. Ce qui change exactement au 1er janvier 2027
Le projet de loi de finances 2027 a été déposé le 20 octobre 2026 au bureau de la Chambre des représentants, puis présenté au Parlement le 23 octobre 2026. Il ne réécrit pas tout l'impôt sur le revenu : il touche trois paramètres du calcul de la paie — le seuil, l'abattement et la tranche de 80 001 à 100 000 dirhams — et ce sont eux qui décident du net que vous encaissez.
1.1 Le seuil d'exonération passe de 40 000 à 60 000 DH
En 2026, un salarié dont le revenu net imposable annuel — c'est-à-dire après abattement — ne dépasse pas 40 000 dirhams ne paie aucun impôt sur le revenu. Le texte déposé porte ce seuil à 60 000 dirhams. Comme le barème s'applique après abattement, il faut désormais atteindre environ 8 375 dirhams de salaire brut mensuel pour commencer à payer de l'IR, contre environ 5 500 dirhams aujourd'hui.
1.2 L'abattement pour frais professionnels passe à 45 %
Avant d'appliquer le barème, l'administration déduit forfaitairement une part du revenu brut imposable au titre des frais professionnels. En 2026, ce taux était de 35 % jusqu'à 78 000 dirhams de revenu brut annuel imposable, puis de 25 % au-delà ; en 2027, il passe à 45 % pour tous, avec un plafond maintenu à 35 000 dirhams par an (CGI, art. 59-I-A). Ce détail change tout : au-delà d'environ 6 480 dirhams de revenu brut imposable mensuel, l'abattement est déjà plafonné, et la hausse du taux ne produit plus aucun effet. C'est la raison pour laquelle le gain stagne à 500 dirhams par mois pour les salaires élevés, comme le montre le tableau de la partie 4.
1.3 La grille des taux est réorganisée
Le barème 2027 compte cinq tranches au lieu de six : le taux de 30 % disparaît de la grille. La baisse du taux marginal se poursuit ensuite : le texte prévoit 30 % en 2030, et la grille définitive de 2031 maintient ce taux en étendant la tranche à 20 % jusqu'à 500 000 dirhams. Le calendrier année par année est résumé dans la partie 9 et détaillé, grille par grille, dans notre article sur le barème de l'IR année par année.
1.4 Ce que le texte ne fait pas
Il ne modifie ni les taux de cotisations sociales, ni l'assiette de la CNSS, ni les règles de déductibilité des charges de famille. Autrement dit, la différence entre le salaire brut et le salaire net ne bougera qu'à cause de l'IR.
2. Les deux barèmes, côte à côte
Le barème marocain s'exprime en deux colonnes : un taux par tranche, et une « somme à déduire » qui permet de calculer l'impôt en une seule opération, impôt = base × taux − somme à déduire. Cette somme n'est pas un cadeau fiscal : elle sert à rendre le calcul continu au passage d'une tranche à l'autre.
2.1 Barème en vigueur en 2026
| Tranche de revenu net imposable (DH/an) | Taux | Somme à déduire (DH) |
|---|---|---|
| 0 à 40 000 | 0 % | 0 |
| 40 001 à 60 000 | 10 % | 4 000 |
| 60 001 à 80 000 | 20 % | 10 000 |
| 80 001 à 100 000 | 30 % | 18 000 |
| 100 001 à 180 000 | 34 % | 22 000 |
| Au-delà de 180 000 | 37 % | 27 400 |
| Source : Code général des impôts, article 73, édition officielle 2026. | ||
2.2 Barème proposé pour 2027
| Tranche de revenu net imposable (DH/an) | Taux | Somme à déduire (DH) |
|---|---|---|
| 0 à 60 000 | 0 % | 0 |
| 60 001 à 80 000 | 10 % | 6 000 |
| 80 001 à 100 000 | 20 % | 14 000 |
| 100 001 à 180 000 | 34 % | 28 000 |
| Au-delà de 180 000 | 37 % | 33 400 |
| Source : projet de loi de finances 2027, bornes et taux ; sommes à déduire calculées à partir des bornes et des taux ; bornes recoupées avec Le Matin, 23 octobre 2026 ; grille reprise par SalaireNet.ma au 28 octobre 2026. | ||
Deux vérifications rapides permettent de contrôler la cohérence de la grille 2027. À 60 000 dirhams de base, l'impôt doit être nul : 60 000 × 10 % − 6 000 = 0. À 100 000 dirhams, l'impôt doit être le même que celui calculé avec la tranche précédente : 100 000 × 20 % − 14 000 = 6 000, et 100 000 × 34 % − 28 000 = 6 000. La continuité est bien assurée, ce qui signifie que le passage d'une tranche à l'autre ne crée pas de saut d'impôt.
Le détail des tranches et des taux réellement appliqués cette année figure dans notre article sur le barème de l'IR 2026.
3. Comment on passe du brut au net : les cinq étapes
Le calcul du salaire net marocain suit toujours la même séquence. Chaque étape utilise le résultat de la précédente, et une erreur sur une seule ligne se propage jusqu'au virement bancaire. La mécanique générale, indépendante du millésime, est détaillée dans notre guide calculer son salaire net au Maroc.
3.1 Étape 1 — déduire les cotisations sociales
La part salariale de la CNSS est de 4,48 % sur une base plafonnée à 6 000 dirhams par mois, soit 268,80 dirhams au maximum. La cotisation AMO est de 2,26 % sur la totalité du salaire, sans plafond. Le total des charges salariales représente donc 6,74 % du brut jusqu'à 6 000 dirhams, puis un montant fixe de 268,80 dirhams plus 2,26 % du brut au-delà. Le résultat s'appelle le revenu brut imposable.
3.2 Étape 2 — annualiser
Le barème est annuel. On multiplie donc le revenu brut imposable mensuel (salaire brut moins cotisations sociales) par douze. C'est cette base annuelle que l'administration prend en compte, et c'est elle qui décide de la tranche.
3.3 Étape 3 — appliquer l'abattement pour frais professionnels
On déduit 35 % de la base annuelle en 2026 lorsque le revenu brut annuel imposable ne dépasse pas 78 000 dirhams, 25 % au-delà, puis 45 % en 2027, dans la limite de 35 000 dirhams. On obtient le revenu net imposable, base du barème. C'est ici que se joue l'essentiel de la réforme : pour un brut de 10 000 dirhams, l'abattement 2026 atteint 28 515,60 dirhams, alors que l'abattement 2027 est plafonné à 35 000 dirhams.
3.4 Étape 4 — appliquer le barème
La base imposable est multipliée par le taux de sa tranche, puis la somme à déduire est retranchée. Le résultat est l'impôt annuel. Pour un brut de 10 000 dirhams en 2027 : 79 062,40 × 10 % − 6 000 = 1 906,24 dirhams par an. En 2026 : 85 546,80 × 30 % − 18 000 = 7 664,04 dirhams par an.
3.5 Étape 5 — ramener à un mois et retrancher
L'impôt annuel est divisé par douze, puis déduit du revenu brut imposable mensuel. En 2027, 1 906,24 / 12 = 158,85 dirhams de retenue par mois. Le net ressort à 9 505,20 − 158,85 = 9 346,35 dirhams, contre 8 866,53 dirhams en 2026, soit 479,82 dirhams de plus chaque mois.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- La cotisation CIMR, propre à certains régimes complémentaires et qui réduit le net imposable.
- L'assurance maladie complémentaire et les avantages en nature, qui modifient l'assiette.
- Les charges de famille (CGI, art. 74), qui réduisent l'impôt, pas la base.
- Les primes exceptionnelles, indemnités exonérées et heures supplémentaires, dont le régime fiscal est distinct.
- La retenue à la source sur les revenus de placement, qui ne concerne pas le salaire.
4. Le résultat, niveau de salaire par niveau de salaire
Le tableau ci-dessous applique la même méthode à neuf salaires bruts mensuels. Les cotisations sociales sont identiques dans les deux colonnes d'impôt — elles ne changent pas en 2027. Seule la retenue à la source bouge, et donc le net.
| Brut mensuel (DH) | Cotisations salariales (DH) | IR 2026 /mois (DH) | Net 2026 /mois (DH) | IR 2027 /mois (DH) | Net 2027 /mois (DH) | Gain /mois (DH) | Gain /an (DH) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 500 | 235,90 | 0,00 | 3 264,10 | 0,00 | 3 264,10 | 0,00 | 0,00 |
| 5 000 | 337,00 | 0,00 | 4 663,00 | 0,00 | 4 663,00 | 0,00 | 0,00 |
| 6 000 | 404,40 | 30,38 | 5 565,22 | 0,00 | 5 595,60 | 30,38 | 364,56 |
| 8 000 | 449,60 | 299,23 | 7 251,17 | 0,00 | 7 550,40 | 299,23 | 3 590,76 |
| 10 000 | 494,80 | 638,67 | 8 866,53 | 158,85 | 9 346,35 | 479,82 | 5 757,84 |
| 12 000 | 540,00 | 1 088,97 | 10 371,03 | 571,40 | 10 888,60 | 517,57 | 6 210,84 |
| 15 000 | 607,80 | 2 068,35 | 12 323,85 | 1 568,35 | 12 823,85 | 500,00 | 6 000,00 |
| 20 000 | 720,80 | 3 770,80 | 15 508,40 | 3 270,80 | 16 008,40 | 500,00 | 6 000,00 |
| 30 000 | 946,80 | 7 387,18 | 21 666,02 | 6 887,18 | 22 166,02 | 500,00 | 6 000,00 |
| Hypothèses : salarié sans CIMR ni mutuelle, sans charge de famille, sans prime ; CNSS 4,48 % (= 4,29 % CNSS + 0,19 % IPE) plafonnée à 6 000 DH et AMO 2,26 % non plafonnée ; abattement 35 % (revenu brut annuel imposable ≤ 78 000 DH) ou 25 % au-delà en 2026, puis 45 % en 2027, plafonné à 35 000 DH ; barèmes 2026 et 2027 de la partie 2 ; IR mensuel = IR annuel divisé par douze. Arrondis au centime (demi-centime supérieur) ; gain annuel = gain mensuel × 12. Calculs reproductibles. | |||||||
Trois chiffres méritent d'être isolés. À 5 000 dirhams de brut, le gain est nul : avec l'abattement de 35 % applicable en 2026 sous 78 000 dirhams, ce salarié ne payait déjà aucun impôt. À 6 000 dirhams, le gain reste modeste, 30,38 dirhams par mois. À 8 000 dirhams, l'impôt disparaît complètement et le gain atteint 299,23 dirhams par mois. À 12 000 dirhams, le gain dépasse 517 dirhams par mois, soit 6 210,84 dirhams sur l'année — le maximum de la grille.
5. Trois régimes de gain, pas un seul
5.1 Jusqu'à environ 5 500 DH de brut : rien ne change
Ces salariés étaient déjà exonérés en 2026. Le SMIG, fixé à 17,92 dirhams de l'heure depuis janvier 2026 — soit environ 3 423 dirhams brut par mois sur une base de 191 heures — reste intégralement hors impôt, avant comme après la réforme. Une hausse de seuil ne peut pas réduire un impôt déjà nul.
5.2 De 6 000 à 12 000 DH de brut : le gain s'installe puis culmine
C'est la zone où les trois mesures se cumulent. La hausse de l'abattement fait descendre le revenu net imposable, la baisse du taux de la tranche 80 001–100 000 allège l'impôt, et la hausse du seuil peut faire basculer l'ensemble sous les 60 000 dirhams, donc à un impôt nul. À 8 000 dirhams de brut, le revenu net imposable 2027 tombe à 55 604,80 dirhams : le salarié sort du barème. À 10 000 dirhams, il reste imposé, mais dans la tranche à 10 % au lieu de 30 %. À 6 000 dirhams, le gain reste modeste (30 dirhams par mois) ; il devient significatif à partir de 8 000 dirhams. Le gain culmine, dans ce tableau, à 12 000 dirhams de brut, à un peu plus de 6 200 dirhams par an.
5.3 Au-delà d'environ 12 200 DH de brut : 500 DH par mois, quelle que soit la rémunération
À partir d'environ 12 200 dirhams de brut, l'abattement de 25 % atteignait déjà 35 000 dirhams en 2026, et celui de 45 % est plafonné à 35 000 dirhams en 2027. Le revenu net imposable est donc identique les deux années. Le gain de 500 dirhams par mois — 6 000 dirhams par an — provient uniquement de la nouvelle somme à déduire du barème, qui augmente de 6 000 dirhams dans la tranche à 34 % comme dans celle à 37 %. Autrement dit : pour un cadre payé 30 000 dirhams brut, la promesse d'un abattement à 45 % ne produit aucun effet supplémentaire. Seul le barème le fait.
6. Pourquoi le gain plafonne : le piège du plafond de 35 000 DH
L'abattement de 45 % paraît généreux, mais il s'applique sous un plafond inchangé, atteint très vite.
Pour qu'un abattement de 45 % reste sous 35 000 dirhams, il faut que le revenu brut imposable annuel ne dépasse pas 77 778 dirhams, soit environ 6 481 dirhams par mois. En ajoutant les cotisations sociales, cela correspond à un salaire brut d'environ 6 900 dirhams. Au-delà, chaque dirham de salaire supplémentaire ne bénéficie plus de l'abattement. La réforme est donc progressive dans son principe, mais plafonnée dans son effet : elle concentre l'avantage sur les salaires moyens, autour de 8 000 à 12 000 dirhams brut. Selon les chiffres présentés avec le projet, 87 % des salariés seraient totalement exonérés en 2027, donc sous 60 000 dirhams de revenu net imposable annuel.
Ce plafond a une conséquence pratique pour les employeurs : inutile de reconstruire le paramétrage de l'abattement pour les hauts salaires, mais indispensable de le vérifier pour les salaires moyens, où le calcul change réellement.
7. Côté employeur : ce qui ne change pas, ce qu'il faut paramétrer
La réforme est un transfert d'impôt, pas une hausse de charges. Les taux patronaux de la CNSS et de l'AMO ne sont pas modifiés par le texte, et l'IR reste une retenue à la source opérée par l'employeur pour le compte du Trésor. Le coût employeur d'un salarié ne change donc pas du fait de la réforme ; ce qui change, c'est le montant prélevé sur le net du salarié et reversé à la Direction générale des impôts.
La liste de contrôle paie avant le bulletin de janvier 2027
- Vérifier que la loi de finances 2027 est publiée au Bulletin officiel avant d'appliquer quoi que ce soit : un projet déposé n'est pas une loi.
- Paramétrer le seuil d'exonération à 60 000 DH et l'abattement à 45 %, plafond 35 000 DH, sans toucher au plafond.
- Mettre à jour la grille des taux : cinq tranches, suppression du taux à 30 %, nouvelles sommes à déduire.
- Tester trois bulletins avant de traiter la paie réelle : 5 000, 10 000 et 20 000 DH de brut, et comparer avec le tableau de la partie 4.
- Contrôler la cohérence du cumul annuel : un salarié qui bascule de tranche en cours d'année ne doit pas subir de régularisation brutale.
- Informer les salariés du changement sur le bulletin de janvier, en distinguant la baisse de l'IR de la hausse éventuelle d'autres lignes.
8. Vérifier votre propre chiffre
Le tableau de la partie 4 couvre neuf niveaux de salaire. Votre situation réelle comporte presque toujours un élément qui n'y figure pas : une cotisation CIMR, une mutuelle, une prime, un avantage en nature, ou des charges de famille. Le plus simple est de faire tourner le calcul avec vos propres données.
Le simulateur SalaireNet.ma calcule le net à partir du brut, pour 2026 comme pour 2027, en intégrant la CNSS, l'AMO et l'IR. Sa page dédiée au barème de l'IR 2027 reprend la grille utilisée dans cet article, ce qui permet de retrouver chaque ligne du tableau ci-dessus. Pour comprendre la logique du calcul, le guide salaire détaille les étapes.
Trois données suffisent pour un calcul fiable : le salaire brut mensuel, le taux de CIMR s'il existe, et le nombre de personnes à charge. Le reste — barème, abattement, plafonds — est déjà paramétré.
9. Ce qui n'est pas encore la loi
À la date du 28 octobre 2026, le texte est un projet de loi de finances déposé au Parlement, et non une loi promulguée. Trois précautions s'imposent donc avant de l'utiliser pour un budget ou une promesse d'augmentation.
9.1 Le vote peut modifier les paramètres
Les chiffres de cet article sont ceux du texte déposé. Le Parlement peut amender le seuil, le taux ou le plafond, et le Conseil constitutionnel peut censurer une disposition. Une publication au Bulletin officiel reste la seule preuve qu'un paramètre s'applique.
9.2 La trajectoire court jusqu'en 2031
Le texte comporte quatre grilles transitoires, de 2027 à 2030, puis une grille définitive en 2031, qui maintient le taux marginal à 30 % (atteint en 2030) et étend la tranche à 20 % jusqu'à 500 000 dirhams de revenu imposable. Autrement dit, le barème de 2027 n'est pas le barème de croisière : il continuera de bouger chaque année. Chaque millésime mérite donc son propre calcul, et non une réécriture silencieuse des chiffres de l'année précédente.
9.3 Le coût annoncé est un coût de première année
Les 5,5 milliards de dirhams annoncés correspondent à 2027, année où s'appliquent les trois mesures décrites plus haut. Le coût devrait augmenter à mesure que les grilles transitoires s'appliquent, jusqu'à la grille de 2031. Un chiffre de coût sans son année de référence n'a pas de sens.
Pour le contexte de l'annonce, de sa chronologie et des écarts entre la promesse électorale et le texte déposé, nos deux articles précédents restent la référence : la réforme de l'IR annoncée pour 2027 et les simulations de la promesse du PAM.
Questions fréquentes
Mon salaire net va-t-il augmenter dès janvier 2027 ?
Seulement si la loi de finances 2027 est publiée au Bulletin officiel avant le traitement de la paie de janvier. Si la publication intervient plus tard, l'employeur applique l'ancien barème puis régularise. Le gain ne dépend pas de la date de votre augmentation, mais de la date d'entrée en vigueur du texte.
De combien vais-je gagner en plus, concrètement ?
Cela dépend de votre brut. À 5 000 dirhams, le gain est nul : ce salarié est déjà exonéré en 2026 comme en 2027. À 6 000 dirhams, il est d'environ 30 dirhams par mois. À 8 000 dirhams, il atteint 299 dirhams. À 10 000 dirhams, 480 dirhams. À 12 000 dirhams, environ 518 dirhams. Au-delà d'environ 12 200 dirhams, il se stabilise à 500 dirhams par mois.
Pourquoi le gain ne dépasse-t-il pas 500 DH par mois pour les salaires élevés ?
Parce que l'abattement pour frais professionnels est plafonné à 35 000 dirhams par an. Ce plafond est atteint dès environ 6 480 dirhams de revenu brut imposable mensuel : au-delà, le passage à 45 % ne change plus rien. Le gain résiduel de 500 dirhams provient uniquement de la modification du barème.
Le plafond de l'abattement change-t-il ?
Non. Le texte porte le taux à 45 % (contre 35 % ou 25 % en 2026) mais maintient le plafond à 35 000 dirhams par an. C'est la principale différence entre ce qui est annoncé et ce qui est effectivement calculé sur le bulletin de paie.
Les cotisations sociales augmentent-elles en 2027 ?
Non. Le texte ne modifie ni le taux de la CNSS (4,48 %, plafond 6 000 dirhams) ni celui de l'AMO (2,26 %, sans plafond). La différence entre le brut et le net ne change qu'à cause de l'impôt sur le revenu.
Mon employeur peut-il appliquer le nouveau barème avant le vote ?
Non. Un projet de loi de finances n'a pas d'effet juridique avant sa promulgation et sa publication. Un employeur qui appliquerait le barème 2027 trop tôt s'exposerait à un redressement, puis à une régularisation dans les deux sens.
Le barème de 2028 est-il déjà connu ?
Le texte déposé contient une grille pour chacune des années 2028, 2029 et 2030, ainsi qu'une grille définitive pour 2031. Ces grilles ne sont pas encore votées et peuvent évoluer. Elles indiquent une trajectoire, pas un droit acquis.
Comment calculer mon cas exact si j'ai une CIMR ou des charges de famille ?
Le tableau de cet article suppose un salarié sans CIMR, sans mutuelle et sans charge de famille. Pour votre situation réelle, utilisez un simulateur qui intègre ces paramètres, par exemple SalaireNet.ma, et vérifiez que la retenue obtenue correspond à celle de votre bulletin.
Sources et références
- Projet de loi de finances 2027, déposé le 20 octobre 2026 au bureau de la Chambre des représentants et présenté au Parlement le 23 octobre 2026 (ministère de l'Économie et des Finances) — barème de l'IR et abattement pour frais professionnels.
- Code général des impôts, article 73 (barème de l'impôt sur le revenu), édition officielle 2026.
- Code général des impôts, article 59-I-A (abattement pour frais professionnels : 35 % jusqu'à 78 000 DH de revenu brut annuel imposable, 25 % au-delà, plafond 35 000 DH), édition officielle 2026 ; article 59-I-B (catégories particulières), abrogé par le projet.
- Code général des impôts, article 74 (charges de famille), édition officielle 2026.
- CNSS, taux de cotisations salariales et plafond de l'assiette (4,48 %, plafond 6 000 DH), consulté le 28 octobre 2026.
- Loi n° 65-00 portant couverture médicale de base, cotisation AMO salariale de 2,26 %, consultée le 28 octobre 2026.
- Médias24, « Voici le nouveau barème de baisse de l'IR promis par le gouvernement », 20 octobre 2026.
- Le360, « Réforme de l'IR : les nouveaux barèmes de 2027 à 2030, étape par étape vers un taux maximal de 30 % », 23 octobre 2026.
- Le Matin, « PLF 2027 : les salaires mensuels allant jusqu'à 5 000 DH exonérés de l'IR », 23 octobre 2026.
- La Vie Éco, barème 2027, coût de la réforme et part des salariés exonérés, 23 octobre 2026.
- Le Brief, dépôt du projet de loi de finances le 20 octobre 2026 et présentation au Parlement le 23 octobre 2026, 23 octobre 2026.
- Chambre des représentants, séance du 23 octobre 2026 (présentation du projet de loi de finances 2027).
- Médias24, « Baisse de l'IR : qui est concerné et quel gain sur le salaire net », 26 octobre 2026.
- SalaireNet.ma, page « Barème IR 2027 », consultée le 28 octobre 2026 ; simulateur de salaire net 2026-2027.
- Barème du salaire minimum, 17,92 DH par heure depuis le 1er janvier 2026, soit environ 3 423 DH brut mensuels sur 191 heures.
Méthode et transparence. Les calculs de cet article ont été produits par un script reproductible, à partir des barèmes et des taux cités, puis contrôlés par recoupement des deux grilles. Ils supposent un salarié sans CIMR, sans mutuelle, sans charge de famille et sans prime, et arrondissent l'impôt mensuel au centime. Les montants 2027 décrivent le texte déposé le 20 octobre 2026 et présenté au Parlement le 23 octobre 2026, non promulgué au 28 octobre 2026. SalaireNet.ma et ERH.ma sont édités par le même éditeur.
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